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Violences sexuelles : nouvelle vague d'accusations dans le milieu du cinéma
Judith Godrèche s'est présentée face aux sénateurs avec de nombreuses propositions pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans le milieu du cinéma. Ce jeudi matin, l'actrice et réalisatrice était auditionnée par la délégation aux droits des femmes du palais du Luxembourg, presque une semaine après sa prise de parole remarquée lors de la cérémonie des César. Depuis qu'elle a porté plainte, après des décennies de silence, contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon pour viols, l'actrice est devenue une figure de proue de la lutte contre les violences sexuelles.
"Je vous demande de m'aider à faire en sorte que les violences sexistes s'arrêtent dans mon milieu. Cette petite société du cinéma n'est que le reflet de notre société. Cette famille incestueuse du cinéma n'est que le reflet de toutes ces familles et de tous ces témoignages que je reçois chaque jour", a déclaré Judith Godrèche aux sénateurs, révélant avoir accueilli 4500 témoignages. Pour cela, elle a notamment réclamé aux sénateurs la constitution d'"une commission d'enquête contre les violences sexuelles et sexistes dans le milieu du cinéma".
Concrètement, pour limiter les risques d'emprises et d'abus sur les plateaux de tournage, elle a formulé plusieurs propositions, notamment d'"imposer un référent neutre quand un mineur est sur un tournage, un référent qui n'est pas payé par la production, qui est formé", pour qu'"un enfant ne soit jamais laissé seul sur un tournage". Elle propose aussi d'accompagner les enfants par un "coach intimité pour les scènes qui impliquent de l'intimité, de la sexualité" et soumet l'idée de contrôles, par les services sociaux, dès lors qu'"un enfant de moins de 16 ans participe à un tournage".
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Par ailleurs, Judith Godrèche a rendu un hommage appuyé au juge Edouard Durand, l'ancien dirigeant de la Ciivise débarqué en décembre dernier de cette commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. "Quel aurait été mon destin si la Ciivise avait existé à l'époque avec lui à sa tête ?", a-t-elle demandé. Dans le même temps, elle a réclamé "le retrait de Dominique Boutonnat", président du Centre national du cinéma et de l'image animée mis en examen pour agression sexuelle. Avec lui à la tête du CNC "ce débat et ces mesures dont nous aimerions parler sont mortes-nées", a-t-elle estimé.
Enfin, Judith Godrèche a dit ne pas exclure de solliciter une rencontre avec Emmanuel Macron pour lui exposer ses combats. La ministre de la Culture Rachida Dati "m'a parlé du président de la République", a révélé l'actrice. "Je lui ai demandé s'il voulait me recevoir pour prendre une photo ou pour vraiment discuter et prendre des décisions, avoir une vraie conversation qui ferait que nous passerions à l'acte, en tout cas que nous ferions évoluer les choses", a-t-elle poursuivi, indiquant ne pas avoir reçu à ce jour d'invitation de la part de l'Élysée.
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